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Épisode
RDC : CONSTITUTION SOUS PRESSION
Nationnale
Référendum en RDC : les citoyens auront-ils toutes les informations pour décider ?
Alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle prend de l'ampleur en République démocratique du Congo, la question de l'information des électeurs devient essentielle. Un référendum crédible exige un débat pluraliste, transparent et accessible à tous.
ne Constitution ne concerne pas uniquement les dirigeants politiques, les parlementaires ou les spécialistes du droit. Elle organise la vie collective, définit les institutions et établit les droits fondamentaux des citoyens.
En République démocratique du Congo, le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle pose donc une question qui dépasse les institutions : les Congolais disposent-ils des informations nécessaires pour comprendre les changements envisagés ?
La souveraineté populaire commence par l'information
L'article 5 de la Constitution congolaise établit que tout pouvoir émane du peuple. Celui-ci l'exerce directement par référendum ou par élections, et indirectement par ses représentants.
Mais l'exercice de cette souveraineté suppose que les citoyens comprennent les questions sur lesquelles ils sont appelés à se prononcer.
Dans le cas d'une éventuelle nouvelle Constitution, cela implique notamment de rendre accessibles les propositions, les dispositions qui pourraient changer et les conséquences de ces modifications.
Un processus référendaire crédible ne devrait pas être monopolisé par une seule famille politique.
Les partisans d'une réforme doivent pouvoir expliquer leurs motivations. Les défenseurs du maintien de la Constitution actuelle doivent également disposer d'un espace pour présenter leurs arguments.
Les médias, les universités et les organisations de la société civile ont ici un rôle important. Ils peuvent contribuer à expliquer les textes, vérifier les déclarations publiques et permettre aux citoyens de confronter les différentes positions.
Le débat actuel intervient dans un contexte politique et sécuritaire difficile, marqué notamment par la guerre dans l'Est du pays.
Le 2 octobre 2026, devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, Jean-Claude Katende, président de l'ASADHO, a alerté sur les risques de tensions sociopolitiques liés à la proposition de loi référendaire et aux intentions de réforme constitutionnelle.
Cette intervention illustre les préoccupations exprimées par une partie de la société civile.
Informer avant de convaincre
La responsabilité des médias ne consiste pas à dicter aux citoyens le choix qu'ils doivent faire. Elle consiste à leur fournir les faits, les textes, les explications et les arguments contradictoires nécessaires pour se forger une opinion.
Dans un débat aussi important, la désinformation peut fragiliser la confiance entre les institutions et la population.
La question n'est donc pas seulement de savoir si les Congolais seront appelés à voter. Elle est aussi de savoir s'ils pourront le faire librement, en connaissance de cause et sur la base d'informations fiables.
