La proposition de loi sur l'organisation du référendum est devenue l'un des principaux sujets de confrontation politique en République démocratique du Congo.
Son adoption à l'Assemblée nationale, le 23 octobre 2026, a mis en évidence les divergences entre les députés de la majorité et ceux de l'opposition.
Alors que les premiers défendent la nécessité d'un cadre juridique pour organiser les consultations populaires, les seconds redoutent les conséquences possibles du texte sur l'équilibre constitutionnel.
Une adoption sans consensus
Le vote du 23 octobre a recueilli 346 voix favorables sur 347 participants, selon l'ACP. Cependant, ce résultat ne signifie pas que le texte bénéficie d'un consensus politique national.
Une partie de l'opposition a choisi de boycotter les travaux. Christian Mwando a notamment dénoncé une démarche susceptible de compromettre le dialogue inclusif annoncé par le président de la République.
La majorité considère, pour sa part, que l'absence de certains députés ne remet pas en cause la légitimité des travaux parlementaires.
Les réserves ne viennent pas uniquement des responsables politiques. Jean-Claude Katende, président de l'ASADHO, a exprimé ses inquiétudes devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 2 octobre 2026. Il a notamment évoqué les risques de troubles sociopolitiques dans un pays déjà confronté à une situation sécuritaire difficile.
De son côté, le sénateur Salomon Kalonda a appelé le Sénat à ne pas adopter le texte, estimant que les risques politiques demeuraient malgré les modifications apportées.
La recherche d'une sortie politique
Cette situation soulève une question importante : les institutions peuvent-elles poursuivre un processus légal tout en recherchant une plus grande adhésion politique ?
Le fonctionnement parlementaire repose sur des règles de vote. Mais lorsqu'une question touche à l'organisation fondamentale de l'État, la recherche d'un débat ouvert peut contribuer à renforcer la confiance dans les décisions prises.
La prochaine lecture au Sénat constituera une nouvelle étape de ce processus. L'enjeu sera de déterminer si les divergences pourront être dépassées ou si la question constitutionnelle continuera d'alimenter les tensions politiques.