Haut-Katanga : un an après la pollution attribuée à CDM, l’IRDH mobilise les communautés pour réclamer justice
Un an après le déversement de plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées contenant des métaux lourds, les communautés de Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à Lubumbashi, attendent toujours des réponses sur les réparations promises. L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) entend relancer le plaidoyer en leur faveur.

’organisation annonce une rencontre le 4 novembre 2026 pour évaluer les engagements pris à la suite de cet incident environnemental attribué à Congo Dongfang International Mining (CDM) et réclamer leur mise en œuvre. La rencontre est prévue à la salle polyvalente Anastasis MMK, située au numéro 13 de l’avenue Biayi Prolongée, dans le quartier Kamatete, commune Annexe, à Lubumbashi.
Aux côtés des organisations Mada Mapendo, Horizon Kasapa et Action pour la Justice et les Droits humains (AJD), l’IRDH entend porter les préoccupations des habitants affectés par la pollution survenue le 4 novembre 2025. Cette initiative vise à maintenir la pression sur les autorités et l’entreprise minière afin que les conséquences de cet incident soient prises en compte et que les engagements annoncés en faveur des communautés soient respectés.
Dans son communiqué de plaidoyer, l’IRDH revient notamment sur les décisions prises par le ministère des Mines après le déversement. Par un arrêté daté du 8 novembre 2025, le ministre Louis Watum Kabamba avait ordonné la suspension temporaire des activités minières de CDM sur son site dénommé « CDM/JOLI-SITE ».
Une correspondance ministérielle du 17 janvier 2026 avait ensuite fixé à 8 millions de dollars américains le montant de la réparation collective et à 682 057 dollars celui des indemnisations individuelles.
Cependant, l'organisation déplore l'absence de publication du rapport officiel de la commission interministérielle chargée d'évaluer les dommages humains, matériels et environnementaux. Pour l'IRDH, ce document est essentiel pour informer les communautés sur l'ampleur des dégâts et les éventuelles conséquences sanitaires de l'exposition aux métaux lourds.
L'organisation attire également l'attention sur les conditions qui auraient dû encadrer la reprise des activités de CDM. Parmi celles-ci figurent la prise en charge sanitaire des personnes exposées pendant au moins cinq ans, la mise en place d'un suivi épidémiologique à long terme ainsi que la gratuité des soins pour les personnes affectées. L'IRDH relève que les activités de l'entreprise auraient repris sans communication publique sur la mise en œuvre effective de ces engagements.
Au-delà des réparations financières et de la prise en charge sanitaire, le plaidoyer porte sur l'accès à l'eau potable. L'organisation réclame notamment le forage de quinze puits dans les trois quartiers concernés, la sécurisation des conduites de la REGIDESO et l'installation de dispositifs de surveillance des eaux souterraines.
Les revendications concernent également l'achèvement de la réhabilitation de la route reliant CDM à Kasapa ainsi que la mise en place d'un mécanisme accessible de gestion des plaintes des populations affectées.
À travers cette mobilisation, l'IRDH et ses partenaires entendent poursuivre leur accompagnement des communautés de Kasapa, Kamatete et Kamisepe dans la défense de leurs droits. Ils réclament la publication du rapport d'enquête ainsi que l'exécution intégrale des réparations collectives et des mesures prescrites par le ministère des Mines.
