Ituri-Bunia : le GIIPP veut dialoguer avec Thomas Lubanga pour favoriser un cessez-le-feu
ParLALarissa Kint
, mise à jour le 4 oct. 2026

ette initiative intervient alors que plusieurs zones de Djugu restent confrontées à des violences impliquant différents groupes armés. Pour le GIIPP, l’ouverture d’un canal de dialogue avec Thomas Lubanga constitue une piste à explorer pour favoriser la désescalade et encourager les acteurs armés à s’engager davantage dans le processus de paix.
La démarche intervient également dans un contexte où des contacts entre Kinshasa et la CRP ont déjà été rapportés. En avril 2026, une première rencontre aurait notamment eu lieu à Kampala sous facilitation ougandaise, avec plusieurs revendications présentées par la CRP.
En mai 2026, la CRP avait par ailleurs annoncé un cessez-le-feu unilatéral et son adhésion au processus de paix engagé avec le gouvernement congolais. Cette décision avait été présentée par le mouvement comme une volonté de donner une chance au pré-dialogue.
Mais la situation sécuritaire est restée fragile. Des affrontements entre les FARDC et des éléments de la CRP ont encore été signalés au cours des mois suivants dans plusieurs localités de Djugu. Radio Okapi rapportait notamment, en juillet, la prise de contrôle de Lenga par des éléments affiliés à la CRP, sans combats signalés à ce moment-là.
Pour le GIIPP, rencontrer Thomas Lubanga revient à tenter d’ouvrir un canal avec un acteur considéré comme important dans la dynamique sécuritaire de Djugu. L’organisation entend notamment l’encourager à privilégier le dialogue et à rejoindre les initiatives de paix en cours en Ituri.
L’objectif affiché est également de favoriser la démobilisation des combattants et leur adhésion au processus de paix. Le GIIPP souhaite ainsi contribuer à réduire les risques d’une nouvelle escalade et à empêcher que les tensions communautaires ne soient davantage exploitées par les groupes armés.
Cette démarche intervient alors que la question des éventuels rapprochements entre différents mouvements armés reste sensible. Des analyses et rapports ont fait état de contacts ou de positions convergentes entre la CRP et l’AFC/M23, tandis que d’autres sources soulignent l’absence d’alliance formelle établie entre ces mouvements.
Le pari du GIIPP reste donc délicat : ouvrir un dialogue avec un acteur armé tout en recherchant la cessation des violences, le désarmement et le retour durable de la paix. À Bunia comme dans le territoire de Djugu, l’enjeu sera désormais de voir si cette initiative peut déboucher sur des engagements concrets en faveur de la population.
