RDC : les réserves internationales atteignent 7,8 milliards USD, la BCC mise aussi sur l’or
La Banque centrale du Congo (BCC) renforce ses marges de sécurité financière. Ses réserves internationales s’élevaient à 7,8 milliards de dollars américains au 29 septembre 2026, soit l’équivalent de 2,96 mois d’importations de biens et services. Ce niveau a été présenté par le gouverneur André Wameso Nkualoloki lors des échanges économiques organisés à Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 17 oct. 2026

n cinq ans, le montant de ces réserves a fortement progressé. Il est passé de 1,7 milliard de dollars en 2021 à 8 milliards à fin juillet 2026, avant de s’établir à 7,8 milliards à fin septembre. Cette évolution traduit un renforcement des avoirs extérieurs du pays, même si le léger recul observé entre juillet et septembre rappelle que leur niveau fluctue en fonction de la conjoncture économique et financière.
Pour une économie comme celle de la RDC, ces réserves jouent un rôle stratégique. Elles contribuent notamment à assurer le règlement des engagements extérieurs et à soutenir la capacité du pays à faire face aux chocs internationaux. Leur niveau constitue ainsi un indicateur important de la position extérieure, sans suffire, à lui seul, à garantir la stabilité des prix ou l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages.
Au-delà de l’accumulation de devises, la BCC entend également diversifier la composition de ses réserves. L’institution a engagé un programme de constitution d’avoirs en or monétaire dans le cadre de son partenariat avec DRC Gold. À fin juillet 2026, environ 2,5 tonnes d’or avaient été acquises, pour un objectif de 5 tonnes à atteindre d’ici la fin de décembre.
Cette orientation vise à réduire la concentration des réserves sur certaines catégories d’actifs et à renforcer leur diversification. L’or monétaire constitue un actif détenu par les banques centrales dans le cadre de la gestion de leurs réserves. L’atteinte de l’objectif annoncé dépendra toutefois de la poursuite des acquisitions au cours des derniers mois de l’année.
La présentation de ces chiffres s’inscrit dans une séquence de travaux de la BCC à Kolwezi, qui a notamment accueilli la réunion du Comité de politique monétaire, suivie d’échanges avec la Fédération des entreprises du Congo, la Chambre des mines et l’Association congolaise des banques. Les discussions portent sur la stabilité du cadre macroéconomique et sur les relations entre le secteur minier et l’économie nationale.
La situation extérieure reste néanmoins à suivre parallèlement à d’autres indicateurs. À fin septembre 2026, l’inflation cumulée depuis le début de l’année s’établissait à 7,25 %, selon les données présentées par la BCC. Le Comité de politique monétaire a maintenu son taux directeur à 12,5 %, dans un contexte où la maîtrise de l’évolution des prix demeure un enjeu pour les autorités monétaires.
Pour la Banque centrale, l’enjeu est désormais de consolider les réserves tout en préservant la stabilité monétaire et financière. Leur progression depuis 2021 et la diversification annoncée vers l’or constituent deux axes de cette stratégie. Le défi sera de maintenir ces marges de sécurité face aux évolutions des marchés internationaux, tout en favorisant un environnement économique propice aux échanges, aux investissements et au financement de l’activité en République démocratique du Congo.
