RDC : Miguel Kashal conteste les chiffres de Ted Beleshayi sur la sous-traitance
La succession à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) prend une tournure polémique. L’entourage de l’ancien directeur général, Miguel Kashal Katemb, réfute les déclarations de son successeur, Juan-Ted Beleshayi Kasanda, notamment sur le nombre d’attestations délivrées et les accusations de racket. Dans un communiqué signé par Trésor Mwaka, sa cellule de communication défend son bilan et réclame des éléments précis à l’appui des accusations.
Par
Josué Lwamba

a controverse est partie d’une intervention de Juan-Ted Beleshayi lors d’un Space en direct sur le réseau social X, le 20 octobre 2026, animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. En réaction, le camp de Miguel Kashal dénonce des « polémiques stériles » et remet en question plusieurs chiffres avancés par l’actuel responsable de l’ARSP. Le principal désaccord porte sur le volume d’attestations délivrées par l’institution au cours des dernières années.
Pour contester le chiffre de 80 attestations évoqué par Juan-Ted Beleshayi pour la période allant de 2020 à 2025, la cellule de communication de l’ancien DG s’appuie sur la numérotation des documents. Selon son communiqué, les premières attestations signées par Miguel Kashal en janvier 2023 portaient le numéro 4 100, contre 16 800 en février 2026. Cette progression représenterait plus de 12 000 numéros supplémentaires. Le communiqué affirme également que la base de données des sous-traitants enregistrés est passée d’environ 4 000 en 2023 à plus de 16 000 en janvier 2026. Ces chiffres, issus de la communication de l’ancien DG, ne constituent toutefois pas, à eux seuls, une vérification indépendante du nombre exact de documents effectivement délivrés.

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L’autre point de friction concerne les accusations selon lesquelles l’ARSP aurait fonctionné comme un système de racket sous la direction de Miguel Kashal. Son entourage rejette catégoriquement ces allégations et demande à l’actuel directeur général de rendre publiques les informations permettant de les étayer. Il réclame notamment la liste des entreprises qui auraient indûment bénéficié de marchés évalués à 20 milliards de dollars, ainsi que l’identité des donneurs d’ordre et des sous-traitants concernés. À ce stade, le communiqué présente la position de l’ancien dirigeant, sans apporter de preuve indépendante permettant de trancher le différend.
Pour défendre la gestion de Miguel Kashal, sa cellule de communication met également en avant plusieurs réalisations institutionnelles. Elle affirme notamment que les agents de l’ARSP n’ont enregistré aucun arriéré de salaire durant ses trois ans et huit mois de mandat. Elle lui attribue aussi l’élaboration de la loi sur le contenu local, la révision de la législation sur la sous-traitance, promulguée le 30 juin 2026, ainsi que la mise en place, avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC), d’un mécanisme de publication des appels d’offres. L’ouverture de la sous-traitance aux secteurs des hydrocarbures, de l’aviation et des télécommunications figure également parmi les acquis revendiqués.

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Le communiqué invoque par ailleurs des chiffres avancés en juin 2025 par le ministre de l’Entrepreneuriat, Louis Watum Kabamba, qui faisait état d’environ 1 400 contrats remportés par des entreprises congolaises, pour une valeur supérieure à 2 milliards de dollars. Il cite aussi le programme de financement Vunga, lancé avec Rawbank et doté d’un capital initial annoncé de 200 millions de dollars. Ces éléments sont présentés par le camp Kashal comme des indicateurs des résultats obtenus sous sa direction, même si leur portée ne peut être appréciée sans données détaillées sur les contrats, les bénéficiaires et les décaissements effectifs.
L'entourage de Miguel Kashal rappelle que celui-ci n’aurait pas publiquement attaqué son prédécesseur lors de son arrivée à la tête de l’ARSP en 2022. Il appelle Juan-Ted Beleshayi à faire preuve de retenue compte tenu des responsabilités attachées à sa fonction. Au-delà de cette confrontation entre anciens et nouveaux dirigeants, le débat pose une question de transparence sur les résultats de la sous-traitance en RDC : le nombre réel d’attestations délivrées, la valeur des marchés attribués aux entreprises congolaises et les éventuelles irrégularités gagneraient à être documentés par des données vérifiables et accessibles au public.
