Cette décision traduit la prudence de l’institut d’émission face à une conjoncture marquée par des tensions sur les prix des produits alimentaires, l’insécurité persistante dans l’est du pays et les conséquences de l’épidémie d’Ebola.
Le taux de la facilité de prêt marginal reste, lui aussi, fixé à 16,5 %. Le CPM a également reconduit les coefficients de réserve obligatoire imposés aux banques. La BCC prévoit par ailleurs une rémunération de 0,5 % sur la réserve libérée constituée à partir des dépôts en monnaie nationale, ainsi que le dégel d’une partie de la réserve précédemment immobilisée.
Les chiffres présentés par la Banque centrale montrent une accélération de l’inflation annuelle, passée de 4,83 % à la fin du mois de juin à 7,25 % fin septembre 2026. Pour l’ensemble de l’année, l’institution table désormais sur une inflation de 8,90 % à fin décembre. Elle prévoit toutefois un ralentissement à 6,40 % en 2027, selon ses projections.
Lire aussi · Unité de mesureRDC : La BCC table sur une inflation de 8,90 % fin 2026 avant un recul attendu en 2027La Banque centrale du Congo prévoit une inflation de 6,40 % en 2027, contre 8,90 % attendus à fin 2026. À Kolwezi, le Comité de politique monétaire a maintenu le taux directeur à 12,5 %.
Les perspectives de croissance sont également revues dans un contexte économique incertain. La BCC anticipe une progression de 5,4 % de l’économie congolaise en 2026, après une croissance estimée à 5,7 % en 2025.
Sur le marché des changes, le dollar américain s’échangeait à 2 267,80 francs congolais au taux indicatif communiqué dans les données relayées par le journaliste Stanis Bujakera. Les réserves internationales de la RDC étaient évaluées à 7,8 milliards de dollars, soit l’équivalent de près de trois mois d’importations.
Ces indicateurs constituent des repères importants pour la stabilité monétaire, dans un contexte où l’évolution des prix et du taux de change demeure déterminante pour le pouvoir d’achat des ménages et les coûts des entreprises. La décision du CPM intervient près de trois mois après un assouplissement de la politique monétaire. En juillet 2026, la BCC avait abaissé son taux directeur de 13,5 % à 12,5 %, tandis que celui de la facilité de prêt marginal était passé de 17,5 % à 16,5 %.
Le maintien de ces taux en octobre marque ainsi une pause dans cet assouplissement, alors que la Banque centrale cherche à contenir les pressions inflationnistes tout en préservant les conditions de stabilité macroéconomique.