Zimbabwe : le Parlement ouvre la voie à une présidence prolongée jusqu’en 2030
Le Zimbabwe s'engage dans un tournant institutionnel majeur. Après l'Assemblée nationale, le Sénat a validé à une large majorité une réforme constitutionnelle qui permettra au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu'en 2030, soit deux années supplémentaires par rapport au calendrier électoral initial.
ParJosué Lwamba
, mise à jour le 30 août 2026
e texte, adopte mercredi par 75 voix contre 4, marque l'aboutissement d'un processus politique engage il y a plusieurs mois et redessine profondement l'architecture du pouvoir dans ce pays d'Afrique australe.
age de 83 ans, Emmerson Mnangagwa dirige le Zimbabwe depuis novembre 2017, lorsqu'il avait succede a Robert Mugabe a la suite d'une intervention de l'armee qui avait mis fin a pres de quatre decennies de regne de l'ancien chef de l'etat. Avec cette reforme, son maintien a la tete du pays pourrait atteindre douze annees consecutives.
Au-dela de la prolongation des mandats en cours, le projet introduit une modification de taille : l'election presidentielle ne se ferait plus au suffrage universel direct. Le futur chef de l'etat serait desormais designe par les parlementaires, dont les propres mandats beneficieraient egalement d'une extension de deux ans.
Pour le parti au pouvoir, la ZANU-PF, cette revision vise a garantir la continuite des institutions et a preserver la stabilite politique dans un contexte regional et economique juge sensible. Les dirigeants du mouvement estiment qu'un tel dispositif permettrait d'assurer une gouvernance plus previsible sur le long terme.
L'opposition y voit au contraire une remise en cause des acquis democratiques du pays. Plusieurs responsables politiques denoncent une concentration accrue du pouvoir et accusent le gouvernement de vouloir verrouiller le jeu institutionnel. Certains opposants evoquent meme un recul democratique majeur, alors que des tensions politiques persistent depuis plusieurs mois.
La reforme doit desormais etre promulguee par le president pour entrer officiellement en vigueur. Une etape qui ne devrait constituer qu'une formalite au regard du rapport de forces favorable au pouvoir.
Cette evolution place desormais le Zimbabwe au coeur d'un debat recurrent sur le continent africain : celui de la limitation des mandats et de l'equilibre entre stabilite politique et alternance democratique. Alors que plusieurs pays ont recemment connu des revisions constitutionnelles controversees, Harare rejoint la liste des capitales ou les regles du jeu institutionnel sont en pleine recomposition.
