UMV : ce robot à deux roues roule à 29 km/h et réalise des saltos grâce à l’IA

vec ses deux roues et sa structure compacte, l’UMV se distingue des robots humanoïdes et quadrupèdes. La machine peut atteindre environ 28,8 km/h, se maintenir en équilibre sur sa roue arrière et enchaîner des mouvements acrobatiques. Les chercheurs se sont inspirés des aptitudes des cyclistes de VTT et de trial, capables de combiner vitesse, maîtrise de l’équilibre et franchissement d’obstacles sur des terrains difficiles.
Pesant environ 23,5 kilogrammes, le prototype peut atteindre une vitesse de huit mètres par seconde et franchir des obstacles d’une hauteur pouvant aller jusqu’à un mètre, soit environ 130 % de sa hauteur nominale. Pour accomplir ces mouvements, il exploite les déplacements de sa propre masse afin de corriger son équilibre et de générer l’impulsion nécessaire aux sauts. Cette conception vise à associer l’efficacité du déplacement sur roues à certaines capacités dynamiques habituellement associées aux robots à jambes.
L’apprentissage par renforcement joue un rôle central dans ses performances. Cette méthode d’intelligence artificielle permet au robot d’apprendre des stratégies de mouvement à travers des entraînements répétés en simulation. Les chercheurs utilisent des environnements virtuels fondés sur les lois physiques pour tester les actions, corriger les erreurs et améliorer les comportements avant leur transfert vers la machine réelle. Selon le RAI Institute, des millions de simulations ont contribué à l’apprentissage de compétences telles que la conduite, l’équilibre sur la roue arrière et le saut.
Le salto avant constitue l’une des démonstrations les plus remarquables du projet. Pour apprendre cette manœuvre, les chercheurs ont développé une méthode appeléeIterative Motion Imitation(IMI), qui consiste à améliorer progressivement une trajectoire de mouvement à partir des résultats des tentatives précédentes. Le robot doit générer suffisamment de puissance pour décoller, contrôler sa rotation en plein air, préparer sa réception et retrouver son équilibre après l’atterrissage. L’étude présente cette réalisation comme une avancée dans le contrôle acrobatique des robots mobiles à deux roues.
Au-delà de la performance, l’UMV explore une autre voie pour la mobilité robotique. Les véhicules à roues sont généralement rapides et économes en énergie, mais peuvent être limités face à des obstacles élevés. Les robots à jambes disposent d’autres possibilités de déplacement, au prix d’une mécanique et d’un contrôle souvent plus complexes. En combinant les avantages des roues à des mouvements dynamiques, les chercheurs cherchent à concevoir des machines capables de s’adapter à des environnements plus difficiles.
L’UMV reste toutefois un prototype de recherche, et ses applications concrètes ne sont pas encore établies. Les technologies développées pourraient, à terme, contribuer à des robots destinés à l’inspection d’infrastructures, à l’exploration de zones difficiles d’accès ou à certaines opérations de secours et de logistique. Cette expérience illustre une évolution de la robotique : l’intelligence artificielle ne se limite plus au traitement de l’information, mais apprend aussi aux machines à agir dans le monde physique, où chaque mouvement doit composer avec la gravité, la vitesse et l’équilibre.
