Technologie : Googlebook, l’ordinateur qui veut réunir Android, Gemini et le PC
, mise à jour le 29 sept. 2026

près plus de quinze ans de Chromebook, Google veut ouvrir un nouveau chapitre. L’entreprise ne présente pas le Googlebook comme une simple évolution de ses ordinateurs existants, mais comme une nouvelle génération de PC construite autour d’Android, avec les fondations de bureau héritées de ChromeOS. L’objectif est clair : rapprocher le smartphone et l’ordinateur au point de réduire la frontière entre les deux appareils.
Google mise surtout sur la continuité avec le smartphone. Lors de la configuration, certains paramètres du téléphone Android, les mots de passe enregistrés, les réseaux Wi-Fi et les messages peuvent être transférés vers le nouvel ordinateur, avec un chiffrement de bout en bout annoncé par l’entreprise.
La fonctionContinue Onpermet de reprendre sur le Googlebook une activité commencée sur le téléphone. AvecFiles, les utilisateurs peuvent également consulter les fichiers et photos présents sur leur smartphone. Autre possibilité : Cast My Apps, qui permet d'afficher et d'utiliser certaines applications du téléphone dans une fenêtre sur l'ordinateur.
Gemini ne se contente plus d’une fenêtre
C’est probablement le changement le plus important dans l’approche de Google. Avec le Googlebook, Gemini est conçu comme une composante directement intégrée au système. La fonction Magic Pointer permet notamment d'appeler l'assistant depuis ce qui est affiché à l'écran.
L'utilisateur peut sélectionner un contenu et demander à Gemini de l'analyser, de traduire un texte ou encore d'organiser certaines informations. Google affirme que la fonction ne s'active que lorsque l'utilisateur la sollicite. Une autre fonction, Rambler, transforme la dictée vocale en texte structuré. L'outil peut organiser des notes, extraire des actions à réaliser et mettre en forme des idées exprimées oralement. Google indique que Rambler peut également gérer plusieurs langues dans une même conversation.
Avec Create My Widget, l'utilisateur peut enfin décrire en langage naturel le widget qu'il souhaite afficher sur son bureau. Le système génère ensuite cet élément sans nécessiter de programmation. Le pari de Google est donc de faire de l'IA une couche du système plutôt qu'une application supplémentaire.
Google ne fabrique pas seul les ordinateurs. La première génération de Googlebook réunit Acer, ASUS, Dell, HP et Lenovo. Les cinq constructeurs proposent des machines aux formats différents. Acer propose notamment un modèle convertible pouvant passer du mode ordinateur au mode tablette. ASUS mise sur un modèle particulièrement léger. Lenovo propose une machine dotée d'un écran de 15 pouces orientée vers la productivité. Dell et HP disposent également de leurs propres déclinaisons.
Les ordinateurs utilisent des processeurs Intel et Qualcomm. Google annonce notamment des configurations équipées de puces Intel Core Ultra et Snapdragon X Elite, associées à des unités de traitement neuronal capables de dépasser 45 TOPS pour les tâches d'intelligence artificielle. La mémoire vive démarre à 16 Go et peut atteindre 32 Go sur certaines configurations. L'autonomie annoncée peut aller jusqu'à 14 heures de lecture vidéo, selon le modèle et les conditions d'utilisation. Certains appareils disposent d'écrans tactiles allant jusqu'à une définition de 2,8K.
Un PC pour les développeurs aussi
Google ne veut pas limiter le Googlebook à la bureautique et aux usages grand public. La machine dispose d'un environnement Linux avec un terminal complet. Les développeurs peuvent y utiliser leurs outils et exécuter notamment des environnements comme Claude Code ou Antigravity CLI. Google présente également Antigravity comme sa plateforme de développement d'applications assisté par intelligence artificielle.
L'environnement Linux est isolé du reste du système. Google s'appuie notamment sur une architecture utilisant un hyperviseur pKVM pour renforcer cette séparation. Sur le plan de la sécurité, Google conserve plusieurs principes introduits avec ChromeOS. Les Googlebook intègrent notamment la technologie matérielle Google Titan, ainsi que des mécanismes de détection des logiciels malveillants directement sur l'appareil. Google annonce également jusqu'à dix ans de mises à jour et d'évolutions logicielles pour Googlebook OS, même si la durée exacte peut dépendre des conditions applicables à chaque appareil.
Les précommandes ont ouvert le 21 septembre 2026. Aux États-Unis, le prix de départ est fixé à 899 dollars. Les premières machines doivent arriver dans les magasins américains le 4 octobre. Le lancement est prévu le 5 octobre au Canada, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne et en Australie. Google inclut avec chaque appareil douze mois de Google AI Pro, avec notamment 5 To de stockage et l'accès à des fonctionnalités avancées de Gemini. L'offre comprend également plusieurs avantages supplémentaires, dont trois mois de YouTube Premium et des services logiciels sélectionnés.
Avec le Googlebook, Google ne cherche pas simplement à remplacer le Chromebook. L'entreprise tente de construire un environnement dans lequelle smartphone, l'ordinateur et l'intelligence artificielle fonctionnent comme un seul système. Android apporte les applications et la continuité mobile. Chrome fournit l'expérience Web et les extensions. Linux ouvre la porte aux développeurs. Gemini devient la couche d'assistance capable d'intervenir directement dans le travail de l'utilisateur.
Le pari reste cependant à éprouver dans les usages réels. Face aux ordinateurs Windows et aux Mac, Googlebook devra convaincre au-delà de son intégration avec Android : compatibilité logicielle, performances, autonomie, sécurité et pertinence des fonctions d'IA seront déterminantes. Google ouvre ainsi une nouvelle étape de sa stratégie informatique. Après le Chromebook pensé pour l'ère du cloud, le Googlebook est présenté comme un ordinateur conçu pour l'ère de l'intelligence artificielle.
