Science : les chercheurs explorent les mécanismes du rajeunissement cellulaire grâce à l’IA

ongtemps considéré comme un processus difficilement réversible, le vieillissement s’accompagne de dommages cellulaires, de changements dans l’activité des gènes et d’une diminution progressive des capacités de réparation des tissus. Les chercheurs tentent désormais d’agir sur certains de ces mécanismes. L’intelligence artificielle leur permet d’examiner de vastes ensembles de publications scientifiques et de données génétiques afin de repérer des pistes qui seraient autrement longues à explorer.
Parmi les travaux présentés en 2026 figurent ceux menés avec le système AI Co-Scientist de Google DeepMind. Selon les informations rapportées, cet outil a analysé des dizaines de milliers de publications et proposé plus de vingt facteurs génétiques encore peu étudiés, susceptibles d’aider certaines cellules à sortir de la sénescence. Cet état biologique se caractérise notamment par l’arrêt de la division cellulaire et peut s’accompagner de la production de molécules inflammatoires. Ces propositions constituent des pistes de recherche, qui doivent encore être évaluées expérimentalement.
D’autres travaux explorent la possibilité de modifier l’activité génétique de cellules vieillissantes. En février 2026, des recherches présentées par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) ont rapporté que certains fibroblastes âgés avaient acquis des caractéristiques plus proches de celles de cellules jeunes après des interventions sur des facteurs de transcription. Certaines interventions ont également amélioré des indicateurs de santé chez des souris âgées. Ces résultats suggèrent que certaines modifications associées au vieillissement pourraient être partiellement réversibles, sans démontrer pour autant une restauration complète de la jeunesse.

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Une autre étape concerne la reprogrammation cellulaire partielle, une approche visant à modifier certains marqueurs de vieillissement sans effacer l’identité fonctionnelle des cellules. Selon les informations attribuées à la revueNature, une première administration humaine d’une thérapie de ce type, ciblant des cellules de l’œil, a eu lieu en juin 2026 dans le cadre d’un essai clinique. La stratégie s’inspire notamment des travaux sur les facteurs de Yamanaka. Elle reste toutefois délicate : une reprogrammation excessive pourrait perturber le fonctionnement des cellules et entraîner des effets indésirables.
L’évaluation de médicaments à l’aide d’horloges biologiques constitue une autre piste. Une étude publiée le 7 septembre 2026 dansNature Biotechnologya examiné des données d’un essai clinique de phase 2a portant sur le rentosertib, un médicament expérimental étudié contre la fibrose pulmonaire idiopathique. Six horloges biologiques fondées sur des protéines sanguines ont indiqué une baisse de l’âge biologique prédit chez les participants ayant reçu le traitement. Mais l’étude, menée sur une période de douze semaines auprès d’un nombre limité de participants, ne permet pas d’établir si cette évolution traduit un ralentissement réel du vieillissement ou un effet lié à l’amélioration de la maladie traitée.
La question centrale reste donc celle des bénéfices réels pour la santé humaine. Une diminution de l’âge estimé par une horloge biologique ne signifie pas nécessairement que les organes ont rajeuni ni que l’espérance de vie a augmenté. Les résultats obtenus en laboratoire, chez l’animal ou lors des premiers essais cliniques doivent être confirmés par des études plus larges et un suivi de la sécurité. L’intelligence artificielle peut accélérer l’identification de nouvelles pistes thérapeutiques, mais elle ne remplace pas la validation scientifique. La recherche cherche désormais à déterminer jusqu’où il sera possible de modifier les mécanismes du vieillissement et, surtout, si ces interventions permettront de prolonger les années vécues en bonne santé.
