Santé : 267 000 décès annuels liés aux médicaments contrefaits en Afrique
Le continent africain fait face à une crise sanitaire majeure avec la prolifération des médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. Une récente étude, menée par des chercheurs des universités de Bahir Dar et Gondar en Éthiopie, a révélé que près de 22 % des médicaments vendus en Afrique ne répondent pas aux normes de qualité, exposant des millions de personnes à des traitements inefficaces ou dangereux.
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 15 mai 2025
es medicaments falsifies, en particulier les antipaludiques et les antibiotiques, representent un veritable fleau. Selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), ces medicaments defectueux seraient responsables de 267 000 deces par an sur le continent. L'etude ethiopienne souligne que les antipaludiques et les antibiotiques sont les plus touches, avec des taux de non-conformite alarmants, notamment au Nigeria ou 75 % des echantillons de ciprofloxacine et de metronidazole testes ont ete juges de « qualite inferieure aux exigences medicales ».
L'etude a passe au crible 7 508 echantillons de medicaments provenant de divers pays africains. Les resultats montrent des disparites frappantes. Par exemple, au Malawi, 88 % des antibiotiques analyses etaient defectueux, tandis qu'au Gabon, seulement 0,5 % des echantillons ont ete juges non conformes. Ces chiffres revelent non seulement l'ampleur du probleme, mais aussi l'urgence d'une action coordonnee pour renforcer les systemes de regulation et de controle de la qualite des medicaments sur l'ensemble du continent.
Plusieurs facteurs contribuent a cette situation alarmante. Un cadre reglementaire insuffisant, des controles sporadiques dans certaines zones, et des normes d'importation laxistes facilitent la penetration des marches africains par des medicaments de mauvaise qualite. De plus, la forte demande en produits pharmaceutiques, exacerbee par des infrastructures de sante souvent defaillantes, cree un terrain propice a la proliferation de ces produits dangereux.
Pour faire face a cette menace, les chercheurs appellent a une reponse vigoureuse des autorites africaines. « L'approvisionnement regulier en produits de haute qualite, l'application rigoureuse des bonnes pratiques de fabrication, et le renforcement des lois sur les medicaments sont essentiels pour proteger la sante publique en Afrique », soulignent-ils dans leur rapport. Ils insistent egalement sur la necessite d'ameliorer l'enregistrement, l'autorisation legale de mise sur le marche et les normes d'importation pour garantir que seuls des medicaments conformes soient accessibles aux populations.
Cette crise des medicaments falsifies est un defi colossal pour l'Afrique, qui exige une mobilisation sans precedent des gouvernements, des organismes de sante, et des partenaires internationaux. Sans une action resolue, des millions de vies continueront d'etre mises en danger par des traitements inefficaces, prolongeant ainsi le cercle vicieux de la maladie et de la mort evitable.
Josué Lwamba
