RDC–États-Unis : Tshisekedi parie sur Washington pour briser l’isolement diplomatique et sécuriser l’Est
New York, 21 septembre 2025. – À l’heure où l’est de la République démocratique du Congo s’embrase de nouveau, le président Félix Tshisekedi mise plus que jamais sur le processus de Washington. Lors d’un entretien confidentiel avec Massad Boulos, conseiller Afrique de la Maison Blanche, le chef de l’État congolais a réaffirmé sa confiance dans l’accord économique en gestation entre Kinshasa et les États-Unis, un texte qui dépasse largement les enjeux commerciaux pour s’inscrire au cœur de la géopolitique régionale.
Par
Josué Lwamba

elon nos informations, les discussions portent sur l'acces des industries americaines de haute technologie aux minerais strategiques congolais : lithium, niobium, beryllium… Autant de ressources clefs pour les batteries electriques, l'aeronautique et la defense. L'entreprise americaine Kobold Metals, deja detentrice de permis d'exploration, est en premiere ligne. Une rencontre entre son patron Josh Goldman et Tshisekedi, prevue le 21 septembre, a ete reportee, mais les tractations se poursuivent.
Derriere l'economique se cache l'essentiel : Kinshasa attend des contreparties politiques et securitaires. Tshisekedi veut que Washington accroisse sa pression sur Kigali et sur l'AFC/M23, accuses de destabiliser l'est congolais. « Si le monde hesite encore a nommer notre douleur, nous n'attendrons pas », a lance le president congolais devant l'Assemblee generale de l'ONU, appelant a la reconnaissance internationale du genocide congolais et a la fin de l'impunite dans la region des Grands Lacs.
Dans un discours marque par une gravite rare, Tshisekedi a prevenu : les accords de paix sans justice ne sont que des armistices precaires. « L'Histoire ne jugera pas nos discours, mais notre capacite a reconnaître les crimes de masse et a y mettre fin », a-t-il insiste, dans un appel solennel a l'Assemblee.
Cette rhetorique s'accompagne d'une liste precise de revendications transmise aux Americains : infrastructures, energie, et surtout un appui politique clair face a l'agression dont se dit victime la RDC.
En marge de l'ONU, Emmanuel Macron a lui aussi sonne l'alarme : « Dans la region des Grands Lacs, la souverainete et l'integrite territoriale de la Republique democratique du Congo doivent etre respectees. » Le president francais a annonce un sommet a Paris le mois prochain pour maintenir la pression internationale.
Mais dans les faits, c'est a Washington que se joue l'equilibre des forces. Une reunion de haut niveau est prevue dans la capitale americaine a la mi-octobre, avec la participation annoncee de Felix Tshisekedi.
Le pari est clair : echanger l'acces aux minerais du futur contre une garantie securitaire et diplomatique. Reste a savoir si les etats-Unis, absorbes par leurs propres priorites electorales et strategiques, iront jusqu'a transformer la promesse d'un partenariat en engagement concret.
Pour Tshisekedi, l'heure n'est plus aux demi-mesures. La RDC attend des actes, et rapidement.
