RDC : Une baisse de 83,9 % des recettes publiques en 2024, selon l’ODEP
Dans une étude dévoilée, jeudi 28 novembre 2024, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) met en lumière des variations inquiétantes dans la mobilisation des recettes publiques en République démocratique du Congo (RDC) sur la période 2022-2025. Ces chiffres traduisent une tendance à la baisse qui, selon l’organisation, compromet gravement la stabilité économique du pays.
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 8 mars 2025

n 2022, les recettes mobilisees ont depasse les attentes avec un total de 26 160,7 milliards de FC, contre des previsions fixees a 22 253,0 milliards de FC, soit un taux de realisation exceptionnel de 117,6 %. Cependant, cette dynamique positive n'a pas perdure.
En 2023, la mobilisation des recettes a chute, enregistrant un taux de realisation de seulement 95,0 % par rapport aux previsions. Les recettes mobilisees se sont elevees a 30 823,9 milliards de FC, contre des previsions de 32 456,8 milliards de FC.
La situation s'est encore deterioree au premier semestre 2024. a la fin juin, les recettes mobilisees ont atteint 17 200,2 milliards de FC, alors que les previsions lineaires tablaient sur 20 493,0 milliards de FC, soit un taux de realisation de seulement 83,9 %. Cette baisse significative temoigne d'une incapacite croissante a atteindre les objectifs budgetaires.
Selon l’ODEP, ce recul constant de la mobilisation des recettes s’explique principalement par : l’excès de régimes fiscaux spéciaux : des exonérations, exemptions et taux fiscaux particuliers, appliqués à certaines personnes physiques et morales, réduisent considérablement les ressources fiscales disponibles ; un manque de suivi et de contrôle : les défaillances des organes de régulation tels que le Parlement, l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la Cour des Comptes aggravent la situation ; les détournements financiers : ces pratiques illégales, décrites comme "excessives", drainent des fonds qui auraient dû contribuer aux recettes publiques.
Pour l'ODEP, cette trajectoire inquietante met en peril la capacite de l'etat a repondre aux besoins essentiels de la population. L'organisme appelle a une reforme urgente de la gouvernance fiscale et budgetaire, incluant une reduction drastique des regimes fiscaux speciaux, un renforcement des mecanismes de controle et une lutte sans compromis contre les detournements financiers.
Cette etude souligne une fois de plus que sans un cadre budgetaire rigoureux et transparent, la RDC risque de s'enfoncer davantage dans une crise economique et sociale.
