RDC : Olivier Kamitatu vs Augustin Kabuya, le duel sur la nouvelle Constitution
Kinshasa, 26 novembre 2024 — Le débat sur l'opportunité d'une nouvelle Constitution en République démocratique du Congo (RDC) enflamme la scène politique et l'opinion publique. Alors que le président Félix Tshisekedi a lancé le sujet en affirmant que la Constitution actuelle n'était "p as adaptée aux réalités congolaises", l'opposition dénonce une tentative de « coup d'État constitutionnel » visant à prolonger son mandat.
Par
Josué Lwamba
our l'opposition, le message est clair : une revision de la Constitution serait une manoeuvre pour deverrouiller la limitation des mandats presidentiels et permettre a Felix Tshisekedi de briguer un troisieme mandat en 2028. Olivier Kamitatu, porte-parole de l'opposant Moïse Katumbi, a reitere cette position lors d'une interview accordee a RFI.
« Cette Constitution, adoptee par referendum en 2005 avec 85 % de suffrages favorables, est le fruit d'un consensus national. Aujourd'hui, le president Tshisekedi veut l'adapter a ses ambitions personnelles, en s'octroyant des mandats illimites. C'est une derive dictatoriale que nous ne pouvons accepter », a declare Kamitatu.
L'opposition a recemment forme une coalition baptisee « Forces politiques et sociales contre la dictature et le changement de Constitution ». Cette plateforme entend mobiliser les Congolais autour de l'article 64 de la Constitution, qui appelle a resister a toute tentative de violation de la loi fondamentale.
Du cote de la majorite, le depute national et secretaire general de l'UDPS, Augustin Kabuya, defend le projet d'une nouvelle Constitution comme une opportunite de moderniser le cadre institutionnel du pays.
« Est-ce interdit a un peuple de reflechir sur sa propre Constitution ? Cette loi fondamentale n'est pas figee, elle peut evoluer pour s'adapter aux realites congolaises. Nous devons sortir des archaïsmes imposes par le contexte post-conflit de 2006 », a-t-il affirme lors d'une interview avec RFI.
Augustin Kabuya rejette egalement les accusations selon lesquelles cette initiative viserait a permettre au president Tshisekedi de se maintenir au pouvoir. « Le president a ete tres clair : il ne s'agit pas d'un projet personnel, mais d'une reforme pour l'avenir de notre nation », a-t-il ajoute.
Une Constitution, un enjeu national
La Constitution congolaise de 2006, issue de l'accord global et inclusif de Sun City, avait pour objectif de consolider la paix apres des annees de guerre civile. Toutefois, certains membres de la majorite estiment qu'elle comporte des lacunes a corriger, notamment en matiere de gouvernance et d'organisation du pouvoir.
Mais pour l'opposition, le veritable enjeu de ce debat n'est pas une simple mise a jour juridique, mais la sauvegarde des principes democratiques conquis de haute lutte.
« Nous avons deja paye le prix fort pour proteger cette Constitution. Nous ne laisserons personne la manipuler a des fins egoïstes », a conclu Olivier Kamitatu.
Alors que les partisans et les opposants a cette reforme s'affrontent par medias interposes, le peuple congolais reste spectateur de ce bras de fer politique. La question cle demeure : cette initiative repond-elle aux besoins de la nation ou aux ambitions d'un homme ?
Le debat promet de s'intensifier dans les semaines a venir, avec des implications majeures pour l'avenir politique du Congo.
