RDC : la mort de Willy Ngoma rebat les cartes dans l’Est
Une frappe nocturne, une onde de choc politique et militaire. Selon plusieurs sources locales et régionales, Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, a été tué dans la nuit de lundi à mardi lors d’une opération attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 30 août 2026

'attaque aurait vise les environs de Rubaya, localite miniere strategique du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Des sources concordantes evoquent une frappe menee aux alentours de 2 heures du matin.
Militaire aguerri et visage mediatique du mouvement rebelle, Willy Ngoma occupait une place centrale dans la communication et la strategie de l'Mouvement du 23 mars. Depuis fevrier 2024, il figurait sur la liste de sanctions du Conseil de securite des Nations unies, accuse d'implication dans des violences contre des civils. Les etats-Unis l'avaient egalement sanctionne en 2023.
Sa mort intervient treize mois apres la prise de Goma par la rebellion, un evenement qui avait profondement reconfigure les equilibres militaires dans l'Est congolais.
Le deces de Willy Ngoma survient dans un contexte d'intensification des affrontements. Ces dernieres semaines, les FARDC ont multiplie les frappes aeriennes, tandis que des groupes d'autodefense dits « Wazalendo », allies a l'armee reguliere, ont lance des offensives terrestres contre les positions de l'AFC/M23.
Kinshasa accuse le mouvement rebelle d'etre soutenu par le Rwanda une allegation regulierement mentionnee par des rapports des Nations unies, mais contestee par Kigali.
De son cote, le numero deux du mouvement, Bertrand Bisimwa, a denonce la rupture du cessez-le-feu propose sous mediation angolaise. Il accuse le pouvoir congolais d'avoir durci sa posture depuis la signature d'accords economiques avec Washington portant sur les minerais strategiques.
Rubaya, carrefour stratégique
Rubaya n'est pas un point anodin sur la carte. Situee dans une zone riche en coltan et autres minerais critiques, la localite constitue un noeud logistique majeur pour les groupes armes presents dans le Nord-Kivu. Controler Rubaya, c'est peser sur une part essentielle de l'economie parallele qui finance le conflit.
La disparition d'un haut cadre comme Willy Ngoma pourrait fragiliser la chaîne de commandement du mouvement. Mais elle pourrait aussi entraîner des represailles ou une recomposition interne.
L'Est de la Republique democratique du Congo demeure l'un des foyers les plus instables du continent africain. Malgre les tentatives de mediation regionale, les cycles de cessez-le-feu et de ruptures successives ont installe un climat de defiance durable.
La mort de Willy Ngoma ne signe pas la fin du conflit. Elle en souligne plutot la brutalite et la complexite, a l'heure ou la bataille se joue autant sur le terrain militaire que sur celui des ressources strategiques et des alliances internationales.
Dans le Nord-Kivu, la nuit du 24 fevrier pourrait marquer un nouveau chapitre sans garantir pour autant l'aube d'une desescalade.
