RDC : la CENCO et l’Union sacrée s’affrontent sur fond de débat constitutionnel
Le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise franchit un nouveau palier. Après la mise en garde des évêques catholiques contre toute initiative de changement de la Loi fondamentale, l’Union sacrée de la Nation (USN), plateforme politique au pouvoir, est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une ingérence dans un processus relevant de la souveraineté populaire.
ParJosué Lwamba
, mise à jour le 30 août 2026
ans une declaration rendue publique mardi, l'USN a accuse certains responsables de la Conference episcopale nationale du Congo (CENCO) de s'arroger un role qui ne leur revient pas, estimant qu'« quelques eveques » ne peuvent ni parler au nom de l'ensemble des Congolais ni empecher le peuple de se prononcer sur son avenir politique. La coalition presidentielle a egalement reaffirme son soutien au projet de reforme constitutionnelle porte par une partie de sa majorite et sa fidelite au president Felix Tshisekedi.
La reaction n'a pas tarde du cote de l'eglise catholique. Le secretaire general de la CENCO, Donatien Nshole, a denonce une declaration qu'il juge « regrettable » au regard des defis securitaires et sanitaires auxquels le pays est confronte. Il a egalement rejete l'expression « quelques eveques », rappelant que la position de la CENCO avait ete adoptee de maniere unanime par les prelats reunis en assemblee extraordinaire.
Selon plusieurs sources politiques, la declaration de l'Union sacree aurait elle-meme suscite des reserves au sein de la majorite presidentielle. Des participants a la reunion preparatoire auraient quitte les echanges avant la lecture du texte, estimant que certaines formulations visant l'eglise catholique risquaient d'envenimer davantage le climat politique deja tendu.
Cette passe d'armes intervient alors que la question du changement de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise. Tandis que les partisans de la reforme defendent le droit du peuple a se prononcer par referendum, la CENCO estime qu'un tel debat est inopportun dans un contexte marque par la guerre dans l'Est, les tensions politiques et les preoccupations securitaires. Les eveques mettent en garde contre ce qu'ils considerent comme un risque de fragilisation du pacte republicain.
Au-dela de l'affrontement verbal entre acteurs politiques et religieux, cette nouvelle controverse illustre la profondeur des fractures qui entourent le debat constitutionnel. a mesure que les prises de position se multiplient, la question s'impose comme l'un des principaux enjeux de la vie politique congolaise a l'approche des prochaines echeances institutionnelles.
