
RDC : SNEL, derrière les coupures, l’équation complexe d’un réseau à remettre à niveau
À première vue, le paradoxe peut surprendre. La République démocratique du Congo dispose d'un potentiel hydroélectrique considérable. Pourtant, une partie de sa population continue de subir des interruptions répétées de la fourniture d'électricité. La situation actuelle à Kinshasa permet de mesurer l'ampleur de cette contradiction.
Lors d'un briefing organisé le 1er octobre 2026, le directeur général de la Société nationale d'électricité, Teddy Lwamba, a indiqué que le parc productif national disposait d'une capacité installée proche de 2 800 MW, mais que la puissance effectivement disponible se situait entre1 900 et 2 000 MW. L'écart entre les deux chiffres constitue l'un des premiers éléments pour comprendre la crise.
2 800 MW installés, mais moins de 2 000 MW disponibles
Une capacité installée ne signifie pas que toutes les machines fonctionnent simultanément à leur niveau nominal. Les équipements peuvent être arrêtés pour maintenance, subir des pannes ou être affectés par des contraintes liées aux conditions de production. Dans le cas congolais, cette différence entre puissance installée et puissance disponible est particulièrement importante puisque l'essentiel de la production repose sur l'hydroélectricité.
La SNEL indique sur son propre site que la RDC dispose d'un potentiel hydroélectrique estimé à plus de 55 000 MW et que 98 % de la puissance disponible provient de l'hydroélectricité. Le problème n'est donc pas l'absence de ressources énergétiques. Il réside notamment dans la capacité à transformer ce potentiel en une production effectivement disponible, puis à l'acheminer jusqu'aux consommateurs.
Le déséquilibre est particulièrement visible dans la capitale. Selon les données communiquées par Teddy Lwamba, la consommation de Kinshasa peut atteindre environ 620 MW en période de pointe, avec des pics pouvant aller jusqu'à 700 MW. Or la puissance actuellement injectée dans le réseau de la capitale se situe entre 390 et 450 MW. L'écart est donc considérable.
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