RDC : l’annonce du FRN provoque des prises de distance au sein du PPRD et de l’opposition
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 17 oct. 2026

armi les réactions les plus remarquées figure celle de Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur du bureau politique du PPRD. Dans un communiqué publié le 12 octobre, il a annoncé son départ du parti, qu’il avait rejoint en 2006. Il évoque des raisons personnelles et la nécessité de prendre du recul avant de définir sa prochaine orientation politique. Il affirme vouloir contribuer à une alternative fondée sur des valeurs « patriotiques, pacifiques et républicaines ». Son communiqué ne cite toutefois explicitement ni Joseph Kabila ni le FRN.
Allegra Fosh Ngalula, présentée comme vice-présidente de la ligue des jeunes du PPRD, a également annoncé sa démission avec effet immédiat. Dans une lettre datée du 12 octobre, elle exprime son refus d’être associée à toute initiative susceptible, selon ses termes, de perturber la paix ou de déstabiliser les institutions de la République. Elle invoque son attachement à la stabilité du pays et au respect des voies démocratiques. Sa démission intervient le jour de l’annonce du FRN, sans que sa lettre établisse explicitement un lien direct entre les deux événements.
D’autres personnalités ont exprimé plus directement leur opposition au recours aux armes. L’ancienne ministre des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa a déclaré prendre ses distances avec la voie armée qu’elle attribue à Joseph Kabila, tout en précisant qu’elle entend poursuivre son engagement dans l’opposition à Kinshasa. Elle plaide pour un dialogue « franc, inclusif et constructif » et défend une lutte politique menée sans armes. Sa prise de position ne constitue donc pas un ralliement au pouvoir de Félix Tshisekedi.

Dans une publication sur le réseau social X, India Omari, également présenté comme un cadre du PPRD, a pour sa part exprimé sa désolidarisation des orientations qui s’éloignent de ses convictions. Il réaffirme son attachement à un engagement pacifique, au respect de la Constitution et aux valeurs démocratiques. Le communicateur du parti, Aristote Ngarime, s’est également opposé à la rébellion, en rappelant son attachement aux lois de la République.
En dehors du PPRD, Marley Vuvu, coordonnateur du Mouvement des révolutionnaires congolais (MRC), a lui aussi publiquement désavoué Joseph Kabila. Il estime que l’accession au pouvoir doit passer par les voies constitutionnelles plutôt que par les armes. De son côté, Alain Bolodjwa, de la Génération Rupture, affirme que la critique de la gouvernance actuelle ne justifie pas le soutien à une rébellion. Ces réactions traduisent une volonté affichée de distinguer l’opposition politique au régime de Félix Tshisekedi du soutien à une démarche armée.
Ces prises de position interviennent après l’annonce, le 12 octobre à Goma, du FRN, présenté comme une nouvelle coalition politico-militaire regroupant notamment des figures de l’AFC-M23. Selon la déclaration lue par Claude Ibalanky, le mouvement entend fédérer les forces de résistance et mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie », y compris par le recours à la force. Cette orientation annoncée apparaît au cœur des réserves exprimées par plusieurs personnalités politiques.
La succession de ces déclarations met en lumière des divergences au sein de l’ancien environnement politique de Joseph Kabila. Il convient toutefois de distinguer les démissions formelles du PPRD des prises de distance exprimées sur les réseaux sociaux : toutes les personnes citées n’ont pas annoncé leur départ du parti, et certaines lettres de démission ne mentionnent pas directement le FRN. À ce stade, ces réactions témoignent d’un désaccord public sur le recours à la lutte armée, sans permettre de mesurer l’ampleur exacte d’une éventuelle fracture au sein du PPRD.
