RDC : Joseph Kabila rejette toute perspective de sortie de crise sous le pouvoir actuel
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 10 oct. 2026

'ancien président, Joseph Kabila ne croit plus à une issue favorable sous l’actuel pouvoir. « Il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel », affirme l’ancien chef de l’État, dans une déclaration marquée par de vives critiques contre les institutions et la conduite des affaires publiques.
« Ceux qui siègent et qui auraient dû jouer le rôle que leur assigne la Constitution pour défendre les acquis et garantir le bon fonctionnement des institutions ont fait le triste choix […] de la surenchère du culte de la personnalité », déclare-t-il, critiquant les parlementaires qu’il accuse de privilégier la loyauté envers un individu plutôt que leur mission constitutionnelle.
Il dénonce par ailleurs des bombardements qui toucheraient des populations civiles ainsi que le refus, selon lui, d’organiser un dialogue national véritablement inclusif. Ces accusations, formulées par l’ancien chef de l’État, n’établissent pas à elles seules les faits reprochés aux autorités. Elles traduisent néanmoins la profondeur de la fracture politique autour de la gestion du conflit dans l’Est du pays.
Joseph Kabila critique aussi l’accord conclu entre Kinshasa et Washington autour des minerais critiques. Selon lui, le pouvoir congolais aurait tort de considérer cet accord comme une garantie de soutien politique inconditionnel des États-Unis. Il rappelle que les engagements conclus entre États relèvent du principe de continuité de l’État et ne dépendent pas nécessairement du maintien d’un régime au pouvoir.
Cette prise de parole intervient dans un contexte de persistance du conflit dans l’Est de la RDC et de recherche de solutions diplomatiques. Le 8 octobre, des facilitateurs désignés par l’Union africaine sont arrivés à Kinshasa dans le cadre des consultations sur la crise sécuritaire et les efforts de paix.
En réaffirmant ses critiques contre le pouvoir de Félix Tshisekedi, Joseph Kabila remet au centre du débat les questions du dialogue national, du respect de la Constitution, de la gouvernance et de la stratégie militaire. Reste à savoir quelle portée politique cette intervention aura et si elle contribuera à relancer les discussions entre les différents acteurs congolais, alors que la recherche d’une issue durable à la crise sécuritaire demeure un enjeu majeur pour le pays.
