RDC : Hôpital Saint Georges, 862 500 USD investis et une mise en service toujours attendue
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 28 sept. 2026

e 29 octobre 2025, l’Hôpital général de référence Saint Georges était officiellement inauguré à Likasi. La cérémonie devait marquer l’aboutissement d’un projet destiné à renforcer les capacités sanitaires locales. Onze mois plus tard, le bâtiment n’a pas encore franchi l’étape la plus importante pour un établissement de santé : l’accueil effectif des patients.
Un projet financé par les revenus miniers
La construction du Saint Georges s’inscrit dans le mécanisme de dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires de KAI PENG MINING (KPM), entreprise minière active dans la région de Likasi. Selon les informations communiquées par la dotation, 862 500 dollars américains ont été affectés à la réalisation de cet établissement.
Les responsables du projet indiquent que les travaux sont achevés à 100 % sur le plan physique. L’infrastructure a ensuite été présentée aux autorités et au public lors de son inauguration en octobre 2025. Mais un taux d’exécution physique de 100 % ne signifie pas nécessairement qu’un établissement de santé est prêt à fonctionner.
Pour passer du chantier à l’hôpital, il faut encore organiser les services, disposer des équipements nécessaires, mobiliser le personnel et mettre en place les conditions permettant d’assurer les soins. C’est précisément ce décalage qui ressort du constat effectué par le CREFDL. L’infrastructure financée et inaugurée est bien présente. En revanche, elle n’est pas encore utilisée comme établissement de soins.
Pour la population appelée à bénéficier du projet, l’enjeu est concret. La construction d’un hôpital ne produit son effet social qu’à partir du moment où celui-ci peut recevoir des malades, effectuer des consultations, assurer les traitements et orienter les patients vers les services appropriés. Dans le cas de Saint Georges, cette dernière étape demeure donc en attente.
Le projet ne s’arrête par ailleurs pas au bâtiment actuel. Une extension doit notamment permettre d’aménager un espace consacré à l’ORL ainsi qu’un service de kinésithérapie. Ces travaux ou aménagements supplémentaires devront s’inscrire dans le processus global de mise en service de l’établissement. La question immédiate reste toutefois celle du fonctionnement de la structure déjà construite.
Le cas de Saint Georges soulève une question plus large sur l’évaluation des investissements issus des dotations minières. Un projet communautaire peut être financièrement exécuté et physiquement achevé tout en produisant, dans l’immédiat, un impact limité si l’équipement financé ne fonctionne pas.
Dans ce type de projet, trois étapes doivent être distinguées : l’argent mobilisé, l’infrastructure réalisée et le service effectivement fourni. À Likasi, les deux premières étapes sont documentées : la dotation KPM annonce un investissement de 862 500 dollars et un taux d’exécution physique de 100 %. Mais, selon le constat du CREFDL en septembre 2026, la troisième la fourniture effective de soins n’est pas encore acquise.
Le dossier Saint Georges ne porte donc plus principalement sur la construction du bâtiment. Il porte sur son passage à l’exploitation. La question centrale devient celle du calendrier : quand l’hôpital pourra-t-il effectivement recevoir les patients de Likasi ? Une réponse précise permettrait de mesurer la portée réelle de l’investissement réalisé dans le cadre de la dotation minière.
Car, pour une infrastructure sanitaire, l’indicateur final ne reste pas le nombre de mètres carrés construits ni la cérémonie d’inauguration. Il se mesure au nombre de patients effectivement pris en charge et aux soins auxquels la population peut accéder. À Likasi, l’Hôpital Saint Georges attend encore ce passage de l’infrastructure au service.
