RDC : face à Ebola, Kinshasa mise sur une riposte élargie et 180 jours d’action
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 26 sept. 2026

e défi reste considérable. D’après les chiffres rapportés par RFI, la maladie a déjà provoqué 3 072 décès sur 6 342 cas recensés. Le virus en cause est le Bundibugyo, une souche pour laquelle aucun vaccin n’est actuellement homologué. L’Ituri apparaît comme la province la plus touchée, alors que l’épidémie concerne désormais 60 zones de santé réparties dans six provinces.
Avec « Une Santé », les autorités veulent dépasser une réponse limitée aux seuls centres de traitement. La stratégie prévoit d’intensifier la surveillance, d’accélérer l’identification des cas et le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades. Le renforcement des structures sanitaires et l’accès plus rapide aux soins figurent également parmi les priorités, tandis que les communautés doivent être davantage associées à la prévention et à la lutte contre les rumeurs.
Autre urgence : protéger ceux qui prennent en charge les patients. RFI rapporte qu’au moins 45 professionnels de santé sont morts d’Ebola depuis le début de l’épidémie, sur 158 contaminations enregistrées parmi le personnel sanitaire au 26 août. Médecins, infirmiers, laborantins, sages-femmes, agents communautaires ou encore chauffeurs sont exposés, notamment dans les établissements ordinaires où un malade peut être pris en charge avant que l’infection ne soit identifiée.
Cette vulnérabilité est accentuée par des lacunes dans les mesures de prévention et de contrôle des infections. Selon les évaluations citées par RFI, six établissements sanitaires du Nord-Kivu n’atteignent en moyenne que 29 % des critères évalués, tandis que l’hôpital général de Ganga, au Bas-Uélé, affiche un score de 21,3 %. Face à ces failles, Kinshasa mise sur une approche coordonnée associant santé humaine et animale, environnement, autorités locales et communautés. L’objectif est désormais de détecter plus tôt, intervenir plus vite et surtout éviter que les décès ne continuent de s’accumuler.
