RDC : au Nord-Kivu, la hausse des cas d’Ebola met la riposte sous pression
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 19 sept. 2026

n cinq jours seulement, le bilan a connu une progression particulièrement rapide. Le nombre de cas confirmés est passé de 836 le 30 août à 969 le 4 septembre, soit 133 cas supplémentaires. Le Nord-Kivu représente ainsi près de 15 % des cas confirmés enregistrés dans les six provinces actuellement touchées par l’épidémie.
Mais c’est surtout la mortalité qui interpelle. Avec 638 décès pour 969 cas confirmés, près de deux patients diagnostiqués sur trois sont morts dans la province. À l’échelle nationale, l’épidémie avait franchi le seuil des 3 000 décès au début du mois de septembre, confirmant l’ampleur exceptionnelle de cette flambée provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo.

À cette situation sanitaire s’ajoute une difficulté majeure : la capacité d’accueil. Les données arrêtées au 4 septembre font état de 237 patients pour seulement 220 lits disponibles dans les structures d’isolement du Nord-Kivu. La province est ainsi confrontée à une occupation supérieure à sa capacité théorique, compliquant davantage la prise en charge des malades et les mesures destinées à limiter les transmissions.
L’expansion géographique du virus constitue un autre motif d’inquiétude. Une nouvelle zone de santé, Kayna, est entrée dans le décompte le 4 septembre, portant à 16 le nombre de zones touchées dans la province. Dans certaines parties du Nord-Kivu, notamment dans des territoires affectés par l’insécurité, l’accès des équipes sanitaires demeure particulièrement difficile. Un nouveau cas a d’ailleurs été confirmé début septembre à Lubero, dans une zone contrôlée par le M23, illustrant les difficultés particulières auxquelles la riposte peut être confrontée dans les territoires contestés.

L’Ituri reste le principal foyer de l’épidémie en nombre de cas. Mais le Nord-Kivu présente aujourd’hui une dynamique particulièrement préoccupante : progression rapide des contaminations, forte létalité, extension à de nouvelles zones et capacités de prise en charge sous pression. Face à une épidémie qui a déjà dépassé les 6 000 cas à l’échelle nationale, les autorités sanitaires tentent désormais d’anticiper les déplacements du virus, notamment grâce à l’analyse anonymisée des mouvements de population issus des données de téléphonie mobile.
La bataille contre Ebola ne se joue donc plus uniquement dans les centres de traitement. Elle se joue aussi sur le terrain, dans la surveillance des contacts, l’accès aux zones affectées, la confiance des communautés et la capacité à identifier rapidement les nouvelles chaînes de transmission. Au Nord-Kivu, les chiffres des prochains jours seront déterminants pour mesurer si la riposte parvient à ralentir une épidémie qui continue, pour l’instant, de gagner du terrain.
