Nigeria : 600 000 enfants à la merci de la faim
Sous un soleil impitoyable, la file s’étire devant un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) à Maiduguri. Des femmes, souvent veuves, serrent contre elles des enfants émaciés, des cartes de ration dans une main, un espoir dans l’autre. Depuis plusieurs semaines, l’aide se fait rare. Le sorgho et le riz distribués ne suffisent plus à apaiser la faim qui ronge les villages du nord-est nigérian.
Par
Josué Lwamba
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ans cette region meurtrie par plus d'une decennie de violences terroristes, les chiffres racontent l'indicible : plusieurs millions de personnes vivent desormais au bord de la famine. Et les coupes budgetaires internationales, venues s'ajouter a l'insecurite persistante, plongent des communautes entieres dans une detresse silencieuse.
« Ces familles n’ont plus rien. Ce que nous leur distribuons, c’est ce qui les maintient en vie », souffle Soumbami Tukunabo, coordinateur de terrain pour l’ONG italienne InterSOS. « Leur dire qu’il n’y aura plus assez de vivres, c’est leur annoncer une mort lente. »
Le nord du Nigeria vit au rythme des attaques de Boko Haram et de ses factions dissidentes. Les villages se vident, les champs restent incultes, les marches sont desertes. Dans les camps de deplaces, la survie depend presque exclusivement de l'aide internationale. Mais cette annee, le PAM a du revoir a la baisse ses objectifs. L'organisation, qui assistait jusqu'a 1,6 million de personnes, ne peut plus en soutenir qu'a peine la moitie. Les fonds se tarissent, les appels aux dons se multiplient, sans reponse suffisante.
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