Mine : L’uranium du Katanga au cœur des bombes d’Hiroshima et Nagasaki
Haut-Katanga, RDC – Cachée au cœur d’une région montagneuse à une trentaine de kilomètres de Likasi, la mine de Shinkolobwe ne figure sur aucune carte touristique. Et pour cause : ce gisement d’uranium, l’un des plus riches jamais découverts au monde, a fourni la matière fissile qui a permis aux États-Unis de larguer, il y a 80 ans, les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.
Par
Josué Lwamba
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ujourd'hui fermee officiellement, la mine reste au centre d'un mystere melant memoire coloniale, geopolitique et exploitation clandestine.
En 1940, alors que la Seconde Guerre mondiale embrase l'Europe, l'Union miniere du Haut-Katanga societe belge heritiere de la colonisation detient un secret bien garde : l'uranium de Shinkolobwe est d'une purete exceptionnelle. Prevenu de l'interet strategique de ce minerai, son directeur, Edgar Sengier, expedie en toute discretion plus de 1 000 tonnes vers les etats-Unis.
Ces cargaisons, stockees a Staten Island, alimenteront ensuite le Projet Manhattan, programme ultra-secret qui aboutira a la conception des premieres armes nucleaires. Le 6 aout 1945, « Little Boy » devaste Hiroshima. Trois jours plus tard, « Fat Man » aneantit Nagasaki. L'uranium congolais a scelle le sort de la guerre et ouvert l'ere nucleaire.
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