Lubumbashi : IRDH et universitaires plaident pour une meilleure application des droits des femmes
Dans une salle attentive de Université Nouveaux Horizons, sur la route Kasapa, chercheurs, juristes et étudiants ont croisé leurs regards sur une question devenue centrale en République démocratique du Congo : celle des droits des femmes face aux défis sécuritaires et environnementaux.
ParJosué Lwamba
, mise à jour le 30 août 2026

rganisee, Samedi 28 Mars 2026, conjointement avec l'Institut de recherche en droits humains, la conference s'inscrivait dans la cloture du mois dedie a la femme. Mais au-dela du symbole, les echanges ont revele une realite plus complexe, souvent marquee par des tensions entre normes juridiques et realites vecues.
Au fil des interventions, un constat s'est impose : les instruments juridiques existent, mais leur application reste inegale.
Pour Maître Jeremy Madiela, doctorant en droit et chercheur a l'IRDH, l'analyse doit partir du terrain. Son intervention a mis en lumiere la precarite environnementale comme facteur structurant des inegalites sociales a l'egard des femmes, notamment dans les zones d'exploitation miniere du Katanga.
Dans ces espaces, explique-t-il, les femmes subissent de plein fouet les effets combines de la degradation environnementale, de la marginalisation economique et de l'insecurite sociale.
Les discussions ont egalement porte sur les zones de conflit et les regions riches en ressources naturelles, ou les droits des femmes sont particulierement fragilises.
Dans le Grand Katanga, l'exploitation miniere redessine les dynamiques sociales, souvent au detriment des populations locales. Dans l'Est du pays, notamment dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, l'insecurite persistante continue d'exposer les femmes a des formes multiples de violences.
Face a ces defis, les intervenants ont insiste sur la necessite de renforcer les mecanismes de protection, en combinant approches juridiques, institutionnelles et sociales. Au coeur de cette rencontre, une ambition : rapprocher la recherche scientifique des realites pratiques.
« Nous analysons les faits sociologiques de terrain et les portons dans les universites pour une lecture scientifique rigoureuse », a explique Maître Hubert Tshiswaka, directeur general de l'IRDH.
Cette demarche vise a combler le fosse entre la production academique et l'action concrete, notamment en matiere d'applicabilite des normes internationales des droits humains en RDC.
La participation active des etudiants a donne une dimension particuliere a la conference. Questions, reactions et echanges ont permis d'elargir le debat, temoignant d'un interet croissant pour les enjeux lies aux droits humains. Cette implication de la jeunesse academique apparaît comme un levier essentiel pour faire evoluer les mentalites et renforcer la culture juridique dans le pays.
Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large de collaboration entre institutions, amorcee notamment avec des conferences precedentes sur l'acces a la justice pour les communautes locales. Elle ouvre la voie a de nouvelles recherches et a des actions concertees, dans un contexte ou les defis lies aux droits des femmes restent particulierement pressants.
a Lubumbashi, la conference aura permis de depasser le cadre academique pour poser une question essentielle : comment traduire les normes en realites concretes pour les femmes congolaises ?
Une interrogation qui, au-dela des debats, appelle desormais des reponses durables sur le terrain.
