Lubumbashi : la mairie lance une opération de démolition des empiètements sur différentes artères de la ville
A Lubumbashi, plusieurs boutiques, vérandas, toiles et autres installations situées dans l’emprise des voies ont été démolies ce mercredi 16 septembre par des équipes de la mairie. L’opération a notamment été observée sur la route du Trente-Juin. Sur place, des tôles, des briques, des carreaux, des morceaux de bois et des structures métalliques se retrouvent au sol après le passage des engins.
L’intervention a interrompu les activités de plusieurs commerçants. Naomie Mukawa, dont la boutique a été touchée, affirme avoir été informée lundi matin de la nécessité de retirer certaines installations qui débordaient sur la voie. Elle explique que les occupants avaient reçu l’instruction de retirer notamment les toiles et une partie des vérandas. Selon elle, l’intervention de mercredi est arrivée avant qu’ils aient suffisamment de temps pour s’organiser.
« Ils sont venus lundi matin pour nous dire d’enlever les toiles de la véranda de la boutique, parce qu’une partie entrait dans la route. Nous avons reçu ce message et nous pensions avoir encore un peu de temps pour nous organiser. Mais aujourd’hui mercredi matin, nous voyons les gens arriver avec tout cet arsenal de machines pour démolir. »
Pour cette commerçante, deux jours n’ont pas suffi pour démonter correctement les installations et protéger les biens présents dans la boutique. Elle estime qu’un délai plus long aurait permis aux concernés de prendre eux-mêmes certaines dispositions.
« C’est vraiment un regret pour nous, parce qu’on pouvait nous donner même une semaine pour régulariser la situation. Avec 48 heures seulement, c’est difficile. Nous avons nos activités ici, nous avons investi dans ces installations et nous vivons de ce commerce. Quand tout est démoli comme ça, ce n’est pas seulement la construction qui disparaît, c’est aussi notre activité qui s’arrête. »
Un autre vendeur rencontré sur place raconte également les difficultés provoquées par l’opération. Il affirme ne pas avoir été présent au moment où le message aurait été transmis et dit avoir découvert la situation après son retour. Pour lui, l’interruption de son activité affecte directement les revenus de sa famille.
« D’abord, j’étais absent le jour où ils ont laissé le message. Je n’étais pas là pour entendre ce qu’ils avaient demandé. Ma famille et moi, nous vivons à partir de ces activités du jour. Cette démolition, sans vous mentir, perturbe toutes nos activités. Aujourd’hui, je ne sais pas comment nous allons vivre pendant cette période. »
Face à ces réactions, certains usagers de la route voient cependant l’opération sous un autre angle. Des chauffeurs interrogés hors micros estiment que l’occupation progressive des emprises réduit l’espace disponible pour les véhicules. Ils associent cette situation aux difficultés de circulation rencontrées quotidiennement sur certaines routes de la ville.
« Beaucoup de personnes ont construit sur la route. Petit à petit, la route devient petite et les véhicules n’ont plus assez d’espace pour circuler. Par moments, cela crée vraiment beaucoup de difficultés, notamment les embouteillages que nous connaissons chaque jour. Pour nous qui sommes sur la route, il faut que les espaces réservés à la circulation restent libres. »
L’opération fait donc ressortir deux réalités. Pour les autorités et certains usagers, la libération des emprises vise à préserver l’espace consacré à la circulation. Pour les commerçants concernés, la méthode et le délai accordé avant les démolitions restent au centre des préoccupations. Derrière chaque structure détruite se trouve aussi une activité économique interrompue et, pour certains vendeurs, une source quotidienne de revenus.
Au-delà de cette intervention, la situation pose la question de la gestion des constructions qui occupent progressivement les espaces publics à Lubumbashi.
L’application des règles d’urbanisme passe notamment par l’identification des occupations, l’information des concernés et le retrait des installations qui empiètent sur les voies. L’opération de ce mercredi montre toutefois que cette application peut avoir des conséquences immédiates sur les activités commerciales installées le long des routes.
Sur la route du Trente-Juin, les espaces concernés ont été dégagés après le passage des engins. Les commerçants touchés cherchent désormais à mesurer les pertes et à trouver comment poursuivre leurs activités. Pour les usagers de la route, la priorité reste la circulation dans des espaces suffisamment dégagés.
démolition des empiètements sur la route du Trente-Juin, @Loss-Adonis Ngoyi