Kinshasa : Vers une révolution fiscale numérique dans les pays francophones
KINSHASA — Les administrations fiscales francophones se préparent à entrer dans une nouvelle ère de performance et de transparence. Réunis à Kinshasa dans le cadre de la Conférence régionale sur la fiscalité, des responsables fiscaux, experts internationaux et représentants d'organisations multilatérales ont adopté des recommandations stratégiques pour renforcer la mobilisation des ressources internes grâce à la digitalisation et à la coopération internationale.
ParJosué Lwamba

u coeur des discussions : la mise en oeuvre d'un modele de maturite pour la transformation numerique des administrations fiscales, assorti d'un plan d'action ambitieux contre l'erosion de la base d'imposition et le transfert de benefices (BEPS), des pratiques qui privent chaque annee les pays en developpement de milliards de dollars.
« Il est temps de moderniser nos administrations fiscales pour mieux repondre aux exigences d'une economie de plus en plus numerisee », a affirme Barnabe Muakadi Muamba, directeur general des Impots de la RDC, qui a accueilli les participants a Kinshasa. Selon lui, ces reformes doivent aussi s'appuyer sur une relation de confiance entre les entreprises et le fisc, une fiscalite equitable, et une gouvernance sensible a l'equilibre de genre.
Des institutions telles que l'OCDE et le CREDAF (Cercle de reflexion et d'echange des dirigeants des administrations fiscales) ont presente des outils concrets : automatisation de l'echange de renseignements, fiscalite du commerce electronique, declaration pays par pays. « Ces mecanismes ne sont plus une option. Ils sont devenus des leviers incontournables pour securiser les recettes fiscales des etats », a insiste Samia Abdelghani, conseillere principale a l'OCDE.
Elle a cite le Cameroun comme exemple inspirant : la mise en place de la TVA sur le commerce electronique y a deja permis de mobiliser des milliards de francs CFA de recettes nouvelles, demontrant l'impact rapide des reformes bien pilotees.
Mais pour reussir, la reforme fiscale ne pourra ignorer l'adhesion des citoyens. « Il faut une pedagogie de l'impot », a souligne Diallo Ismailla, secretaire general adjoint du CREDAF. Informer, sensibiliser, controler : telle est, selon lui, la trilogie indispensable pour renforcer le civisme fiscal et garantir la conformite.
La conference de Kinshasa marque une etape majeure vers un systeme fiscal plus juste, plus efficace, et plus adapte aux realites du 21e siecle. a l'heure ou les pays francophones cherchent a financer leur developpement de maniere autonome, le virage numerique pourrait bien etre leur meilleure promesse d'avenir.
