Kinshasa : Des morts, du sable et du silence après les pluies diluviennes
Kinshasa, samedi 5 avril 2025. Le ciel s’est abattu sur la capitale congolaise, mais le choc est ancien. La pluie n’a fait que réveiller les cicatrices d’une ville rongée par l’urbanisation sauvage, l’indifférence institutionnelle et le manque criant d’infrastructures résilientes.
Par
Josué Lwamba
★ Membre

epuis l'aube, l'equipe de La Ronde Media a sillonne a pied les grands axes de la ville, de la Route nationale n°1 (RN1) a Matadi Kibala jusqu'au boulevard Lumumba. Ce que nous avons vu depasse le simple fait divers : deux corps de femmes gisaient a meme le sol, en bordure de route, ensevelies quelques heures plus tot dans leurs maisons emportees par des coulees de boue.
a quelques metres, des camions bloques dans le sable, des motos zigzaguant entre les carcasses metalliques, et des familles, regard hagard, tentant de sauver ce qu'il reste de leur quotidien.
a Matadi Kibala, l'axe vital reliant Kinshasa au Kongo-Central est devenu impraticable. Embouteillages interminables, routes sablonneuses avalees par les collines, vehicules coinces. Les commercantes venues du Bas-Congo, paniquees, bradaient leurs marchandises sur place pour eviter la perte totale. Des fruits a meme le sol, des sacs de manioc eventres par l'eau, une economie informelle noyee sous les nuages.
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