Dans la commune de Limete, de petites flammes ont illuminé la soirée kinoise, symbolisant la mémoire de plusieurs décennies de violences dans l’Est du pays. Baptisée « Nuit des bougies », cette initiative d’Amnesty International ne s’est pas limitée à un moment de recueillement. Elle a également marqué le lancement de la campagne « Six millions de voix pour la justice au Congo », une initiative de plaidoyer et de pétition prévue sur deux ans et destinée à réclamer justice et réparation pour les victimes des conflits armés dans l’Est de la RDC.
Le chiffre de six millions, retenu par Amnesty International, renvoie à une estimation largement utilisée pour évoquer le nombre de personnes mortes dans le contexte des conflits qui ont marqué l’est du pays au cours des dernières décennies. Il constitue également l’objectif de signatures fixé par la pétition lancée dans le cadre de cette campagne.
Sur place, survivants, activistes, parlementaires et représentants internationaux ont pris part à cette mobilisation. La « Nuit des bougies » a ainsi placé les victimes au centre du débat sur la justice et les réparations.
Flavia Mwangovya, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est et australe d’Amnesty International, a souligné la portée symbolique des bougies allumées au cours de la cérémonie, présentées comme un engagement collectif à poursuivre la recherche de justice pour les victimes.
La campagne d’Amnesty International appelle notamment à la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle en République démocratique du Congo. L’organisation entend également renforcer le plaidoyer en faveur de la justice et des réparations pour les victimes des violences commises dans l’Est du pays.
Le mouvement doit également dépasser les frontières congolaises. Des initiatives similaires ont été organisées à l’étranger, notamment sur la Grand-Place de Bruxelles, afin de maintenir la pression sur la communauté internationale concernant la situation dans l’Est de la RDC.
Amnesty International met par ailleurs en avant la question de l’exploitation des ressources naturelles et de son lien avec le financement des groupes armés opérant dans l’Est du pays, dont le M23, ainsi que d’autres forces locales.
À Kinshasa, les bougies se sont finalement éteintes. Mais pour Amnesty International et les participants à cette mobilisation, la mémoire des victimes et la demande de justice doivent, elles, rester au cœur du débat public sur l’avenir de la République démocratique du Congo.