Ituri-Djugu : au milieu du drame, quatre enfants retrouvent leur famille
ParLALarissa Kint
, mise à jour le 3 oct. 2026

a joie des retrouvailles contraste avec la réalité toujours éprouvante que vivent les populations du territoire de Djugu, en Ituri. Séparés de leurs familles au milieu des tirs et des violences dans la soirée du 27 septembre, les quatre enfants ont finalement pu retrouver leurs parents grâce à l’intervention humanitaire de la Monusco et de ses partenaires.
À Djugu, la fuite est devenue, pour de nombreuses familles, un réflexe de survie. Lors des attaques, la panique et les déplacements précipités peuvent provoquer la séparation entre parents et enfants. La Monusco a récemment enregistré plus de 3 100 personnes déplacées depuis le site de Rhoo, parmi lesquelles des femmes et des enfants, dans le contexte des violences survenues dans le territoire.
Les quatre enfants retrouvés illustrent cette réalité. Après plusieurs jours marqués par l’angoisse et l’incertitude, ils ont pu être identifiés, pris en charge puis réunis avec leurs proches. Derrière chaque réunification se trouve un travail souvent discret : rechercher les familles, identifier les enfants séparés, assurer leur protection et tenter de rétablir le lien avec leurs proches.
Dans un contexte de déplacements massifs, cette mission représente un enjeu humanitaire majeur. Pour les familles concernées, retrouver un enfant constitue un immense soulagement après des jours d'incertitude. Mais ces retrouvailles, aussi heureuses soient-elles, ne suffisent pas à effacer les traumatismes liés aux violences et aux déplacements.
La réunification de ces quatre enfants constitue une réponse immédiate à une situation d'urgence. Elle ne règle cependant pas les causes profondes de leur séparation. Tant que l'insécurité persistera dans le territoire de Djugu, d'autres familles resteront exposées au risque de fuir précipitamment, de perdre leurs biens et, parfois, d'être séparées de leurs enfants.
Le défi dépasse donc la seule recherche des personnes disparues ou séparées. Il concerne aussi la protection durable des populations civiles et la création de conditions permettant aux familles de vivre à nouveau sans craindre de devoir fuir. À Drodro, les retrouvailles de ces quatre enfants apportent une éclaircie au milieu du drame. Mais elles rappellent surtout l’urgence de mettre fin aux violences qui continuent de bouleverser des vies et de priver des enfants d’une enfance normale.
