Ituri-Bunia : l’UNADI et la SOCICO refusent l’amalgame entre la CODECO, la CRP et les communautés
ParLALarissa Kint
, mise à jour le 3 oct. 2026

a distinction est au cœur des échanges organisés jeudi 1er octobre 2026 à Bunia. L’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), le Conseil provincial de la jeunesse et la Société civile du Congo (SOCICO) ont appelé à éviter toute assimilation entre les milices CODECO et CRP et les communautés auxquelles certains de leurs discours font référence.
Pour ces organisations, attribuer les actes de groupes armés à une communauté entière risque d’alimenter les tensions et de fragiliser davantage la cohésion sociale dans une province déjà éprouvée par des années de violences. La question dépasse, selon les participants, le simple choix des mots.
L’UNADI et la SOCICO contestent toutefois l’idée selon laquelle ces groupes pourraient être considérés comme les représentants de communautés entières. Cette distinction vise notamment à éviter que les populations civiles soient tenues collectivement responsables des actes commis par des combattants.
Pour les participants à la rencontre, les auteurs d’exactions doivent répondre individuellement de leurs actes. Une communauté dans son ensemble ne saurait être assimilée aux agissements d’un groupe armé au seul motif d’une appartenance ethnique ou culturelle commune. Cette mise au point intervient alors que le territoire de Djugu reste marqué par des affrontements entre groupes armés.
La multiplication des violences fait craindre, selon les acteurs locaux, que les tensions sécuritaires ne prennent progressivement une dimension communautaire. Pour l’UNADI et la SOCICO, cet amalgame pourrait favoriser les représailles et accentuer les divisions entre populations. La prudence dans le discours public devient ainsi un enjeu sécuritaire à part entière : présenter un groupe armé comme le représentant d’une communauté peut, selon ces organisations, exposer des civils qui ne participent pas aux combats à la stigmatisation ou aux violences.
Les organisations réunies à Bunia rappellent par ailleurs que les préoccupations des communautés en matière de sécurité, de développement et de justice peuvent être portées dans le cadre des institutions et du dialogue. Elles rejettent en revanche l'utilisation de la violence armée comme moyen de défense des intérêts communautaires.
Dans leur lecture, les actes commis par des combattants doivent être examinés à partir de leurs responsabilités individuelles et du droit applicable, plutôt que d’être imputés à l’ensemble d’une population. Alors que les combats continuent de perturber la vie des habitants de Djugu, l’UNADI, le Conseil provincial de la jeunesse et la SOCICO plaident ainsi pour une séparation nette entreles groupes armés, leurs responsables et les communautés civiles.
