Ituri – Bunia : le chef de la Monusco estime que l'insécurité est aussi dévastatrice qu'Ebola
ParLALarissa Kint
, mise à jour le 26 sept. 2026

n visite officielle au gouvernorat de la province de l'Ituri, à Bunia, le chef de la Monusco a évoqué, lors d'un échange avec le gouverneur militaire, le général-major Gaby Kasongo, la question sécuritaire qui ralentit les différents travaux de riposte.
Selon lui, traiter l'insécurité dans le contexte d'Ebola exige une approche globale et coordonnée. Cela implique une présence militaire et policière dissuasive, mais aussi une justice transitionnelle rigoureuse pour désamorcer le contexte conflictuel.
Pour James Christopher Sawan, sans une paix relative, les millions de dollars injectés dans la santé publique s'évaporent dans la fumée des combats. Il estime donc que la problématique sécuritaire doit être traitée avec le même degré d'urgence que le virus, les deux éléments formant un cercle vicieux mortel en République démocratique du Congo.

« On ne guérit pas les malades sous le feu des mitrailleuses. » Alors que des millions de dollars et une logistique internationale impressionnante sont déployés pour traquer la maladie à virus Ebola, une autre épidémie paralyse le système : l'insécurité. Pour sauver des vies, le chef de la Monusco juge désormais capital de hisser la crise sécuritaire au même rang de priorité absolue que l'urgence sanitaire.
L'insécurité n'est plus seulement un problème d'ordre public : elle est devenue le principal blocage des activités de riposte. Sur le terrain, la lutte contre Ebola avance sur un champ de mines. Le chef de la Monusco demande ainsi un renforcement des liens entre la communauté internationale, le gouvernement central et les forces armées.
Après un passage à Beni, où il a vérifié l'avancement des travaux médicaux, James Christopher Sawan a constaté l'activisme des groupes armés dans cette partie du pays ainsi que les déplacements réguliers de populations, exposées à de multiples risques.
La survie des populations dépend en outre de la collaboration entre les décideurs locaux, le gouvernement et la communauté onusienne. Car tant que les armes ne se tairont pas, le virus, lui, continuera de tuer.
