Embouteillages à Kinshasa : Une charge économique croissante pour les habitants
Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, est confrontée à des embouteillages de plus en plus récurrents, qui pèsent lourdement sur le budget des usagers du transport en commun. Ces bouchons interminables, omniprésents sur les grandes artères de la ville, ont entraîné une augmentation significative des tarifs des taxis et taxis-bus, souvent multipliés par deux ou trois.
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 8 mars 2025

es chauffeurs justifient ces hausses par la necessite de compenser le temps perdu et le carburant consomme dans les embouteillages. Mais cette realite se repercute durement sur les habitants, contraints de depenser des sommes importantes pour leurs deplacements quotidiens.
a 13 heures, en pleine heure de pointe, l'avenue Kasa-Vubu, au croisement avec l'avenue Tombalbaye, illustre bien la situation. a proximite de l'Hotel de Ville, les pietons, motos et vehicules se disputent un passage. Pour Madame Diffi, une habitante de Matadi Kibala, se rendre au centre-ville est devenu un luxe.
« Pour aller au marche central, je payais autrefois entre 1 500 et 2 000 FC. Aujourd'hui, c'est 4 000 voire 5 000 FC. Le matin, j'ai depense 6 000 FC pour venir ici, et il me faudra autant pour rentrer. Au total, mes trajets quotidiens coutent 12 000 FC. Cela greve vraiment notre budget. », a dit Mabiala, un travailleur residant a Ozone, dans la commune de Ngaliema, partage une experience similaire.
« Je pars de chez moi a 6h30 pour arriver en ville a 9 heures, parfois meme a 10 heures. Avant, ce trajet prenait deux heures. Aujourd'hui, les embouteillages etirent les temps de parcours de facon dramatique. » ajoute-t-il au micro de nos conferes de ACP.
Les conducteurs et leurs percepteurs expliquent que l'augmentation des tarifs est inevitable. Entre les embouteillages chronophages et les couts eleves du carburant, ils peinent a atteindre leurs objectifs financiers.
« Le prix est passe a 4 000 FC parce que nous passons parfois trois heures dans les bouchons. Nous devons verser 75 dollars par jour pour la location des bus. Si nous ne revisons pas les prix a la hausse, ni le chauffeur ni moi ne pourrons subvenir a nos besoins, » explique un percepteur.
Certains conducteurs trouvent cependant que les mesures prises par les autorites, comme l'instauration de sens uniques sur certaines routes, ont des resultats mitiges.
« Sur l'axe Pompage-Magasin, cela facilite le trajet. Mais quitter Magasin pour retourner a Socimat reste un calvaire. On passe des heures bloquees. Il est urgent de trouver des solutions durables, » confie Athoms, conducteur de bus.
Pour Lukusa Kawulu, journaliste economique a l'Agence Congolaise de Presse, ces embouteillages revelent des problemes structurels. « Kinshasa souffre d'une urbanisation mal planifiee. La concentration des services economiques et administratifs dans une seule zone, comme Gombe, genere un trafic monodirectionnel le matin et le soir. Les transporteurs perdent pres de la moitie de leurs recettes potentielles faute de trajets rentables au retour. »
Kinshasa, creee en 1881 par l'explorateur Stanley, a connu une expansion rapide, notamment sous l'effet de l'exode rural et des conflits armes. Mais les infrastructures n'ont pas suivi. Les grandes arteres comme les avenues Bokassa et Kasa-Vubu sont aujourd'hui erodees, rendant les deplacements encore plus difficiles.
Malgre l'approche des fetes de fin d'annee, les autorites urbaines peinent a mettre en place des solutions efficaces pour resoudre ce probleme. Les usagers, eux, esperent une meilleure gestion de l'urbanisation et des reformes concretes pour ameliorer leur quotidien.
En attendant, les embouteillages restent un fardeau a la fois financier et humain pour les millions de Kinois qui doivent composer avec des trajets interminables et couteux.
