Culture : Comment les États-Unis ont utilisé le jazz pour influencer l’Afrique postcoloniale
La musique adoucit les mœurs, dit-on. Mais elle peut aussi couvrir le bruit des bottes, des bombes, et des trahisons. En 1960, alors que l’Afrique explose de souveraineté nouvelle, les États-Unis orchestrent une stratégie culturelle inédite : transformer leurs plus grandes légendes du jazz en diplomates de l’ombre. Armstrong, Gillespie, Ellington… leurs tournées en Afrique ne sont pas que des concerts, mais des opérations de séduction politique, enveloppées dans des partitions.
Par
Josué Lwamba
, mise à jour le 28 juil. 2025★ Membre

e documentaire Soundtrack to a Coup d'etat, du realisateur belge Johan Grimonprez, revele comment cette diplomatie musicale a accompagne, et parfois meme masque, des actions beaucoup plus sombres : l'ingerence americaine dans la politique congolaise, la manipulation de Mobutu, et l'assassinat programme de Patrice Lumumba, Premier ministre democratiquement elu du Congo independant.
28 octobre 1960. Louis Armstrong debarque au Congo. Il est accueilli dans une ambiance festive, loge par Moïse Tshombe, le chef de la province secessionniste du Katanga, richissime en uranium. Officiellement, il vient jouer du jazz pour la paix. Officieusement, il couvre sans le savoir l'une des pages les plus sinistres de l'histoire congolaise.
a quelques kilometres de la, la CIA est en mission. L'objectif : controler les mines d'uranium de Shinkolobwe, d'ou provient la matiere utilisee dans les bombes d'Hiroshima et Nagasaki. En arriere-plan : Larry Devlin, chef de poste de la CIA a Leopoldville, Clare Timberlake, ambassadeur americain, et des plans froidement definis pour neutraliser Lumumba, juge incontrolable et trop proche du bloc sovietique.
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